Les Banques en ligne ne rapportent pas d’argent …

Malgré leurs filiales physiques plus que bénéficiaires, les banques en ligne ont de grandes difficultés à réaliser du bénéfice. Le marché a ainsi cumulé plus de 80 millions de pertes sur l’exercice 2016.

Le leader sur le marché, Boursorama Banque, une filiale du groupe Société Générale, cumule plus de 24 millions de pertes. Groupama Banque, récemment achetée par Orange et transformée en Orange Bank est en deuxième place avec 21.2 millions de perte. La filiale du Crédit Agricole, B for Bank cumule quant à elle 17.3 millions d’euros . Pour terminer Axa Banque et Monabanq cumulent respectivement 13 millions et 6 millions d’euros de pertes.

Seule exception, la banque Fortuneo, filiale de Crédit Mutuel  Arkéa, qui a réalisé un bénéfice net de 9 millions d’euros.

Certaines banques ne figurent pas dans ce cumul car elles n’ont pas publié leurs comptes.

Les raisons ?

Une forte concurrence car l’offre est trop « éclatée » avec les nombreuses plateformes présentes sur le créneau. Il faut compter presque une filiale banque en ligne pour chaque banque « classique » ainsi que des startups qui ont choisi ce positionnement. L’offre est supérieure à la demande donc car de nombreux français ne souhaitent pas changer leurs habitudes bancaires, surtout pour les détenteurs de prêts immobiliers qui ne facilitent pas la mobilité bancaire. Il faut également prendre en compte les primes de bienvenues versées à l’ouverture d’un compte qui peuvent représenter un coût non négligeable quand on sait que les clients se comptent en centaines de milliers. Certaines comme Monabanq proposent jusqu’à  120 € pour inciter les clients à s’inscrire. Comme la plupart des produits proposés sont gratuits, il est difficile pour ces établissements de crédit de générer assez de Produit net Bancaire pour faire face à leurs charges de fonctionnement. Par ailleurs, les banques en ligne utilisent le système d’informations de la maison mère dont les évolutions sont lourdes en raison de l’ancienneté du système (système Mainframe datant des années 70). Les charges IT des Banques de ligne représentent donc un coût non négligeable dans les bilans financiers par rapport aux FinTechs  (tels que l’allemande N26) qui sont repartis d’une feuille blanche pour construire leur infrastructure informatique.

Pourquoi  continuer alors que les pertes s’accumulent ? Il faut rappeler que les banques en ligne sont une projection long terme, c’est un marché sur lequel il faut être installé pour les futures générations de clients, sous peine de perdre de nombreuses parts de marché à l’avenir. Et continuer d’innover, pour attirer de nouveaux clients est bien évidemment indispensable.

PretUp / 24 août 2017

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