Créer son entreprise 1/3 : Les premières étapes de la création

Cette semaine nous commençons une série de 3 articles sur la création d’entreprise. Pour ce premier volet nous allons nous concentrer sur les premières étapes de la création, de l’idée au choix du statut d’entreprise adapté au projet.

Les deux suivants traiteront des solutions de financement et les formalités de création puis, comment installer son entreprise et gérer les premiers mois d’activités.

Un concept, une idée

Point de départ pour lancer son activité, trouver ou même reprendre une idée.

S’inspirer de son expérience, des remarques de son entourage pour trouver un besoin non satisfait ou qui peut être amélioré, ou encore un marché porteur où peu d’acteurs sont présents.

Il faut identifier le secteur d’activité et le marché sur lesquels vous souhaitez vous orienter, si vous souhaitez vendre un produit ou un service.

Il faut également s’assurer que l’activité qui vous attire soit réglementée et qu’il vous sera possible de respecter les critères de la réglementation.

L’engagement personnel

Les points suivants sont à évaluer :

  • Les contraintes personnelles actuelles, les contraintes que peut engendrer la nouvelle activité (ex : consacrer énormément de son temps à la création de son entreprise est inévitable)
  • Les connaissances techniques qui sont les vôtres dans le secteur qui vous intéresse, quelles compétences seront indispensables pour réussir
  • Quels sont vos objectifs à court et moyen terme et quel est votre degré de motivation ?

A noter : Ne pas hésiter à se former dans les domaines de la gestion, du marketing/communication et de la comptabilité.

Protéger son idée

A noter que l’idée en soi ne peut être protégée ! Seule peut l’être la forme selon laquelle elle s’exprime : invention, marque, création littéraire ou artistique, dessin ou modèle, etc.

N’hésitez pas à :

  • Déposer un brevet ou un certificat
  • Déposer votre marque et le nom de votre entreprise auprès de l’INPI (l’Institut national de la propriété industrielle)
  • Réserver un nom de domaine pour votre site internet (qui est une vitrine de votre activité indispensable aujourd’hui)

Comment se lancer

Deux possibilités :

  • Créer soi-même son entreprise de A à Z
  • Passer par une franchise : devenir franchisé d’une enseigne ou marque qui correspond à votre projet

Dans les deux cas, il y a des avantages et des inconvénients.

Par exemple, si vous devenez franchisé, la tête de franchise vous accompagnera dans le lancement, vous proposera peut-être des formations adaptées et vous profiterez de sa notoriété déjà existante. Mais, pour devenir franchisé il faut faire un investissement de départ plus ou moins important selon la franchise et des comptes seront toujours à rendre à la tête de franchise et vous ne serez pas totalement libre (par exemple, dans le choix d’aménagement de votre magasin)

Etude de marché et business plan

C’est une étape indispensable avant de se lancer, l’étude de marché va vous permettre :

  • De déterminer la stratégie commerciale et marketing
  • Les différents acteurs présents sur le marché
  • Faire un point sur la concurrence
  • D’évaluer la demande potentielle

Pour le business plan, voici un exemple :

A noter : même si vous avez des connaissances commerciales, passer par un comptable est nécessaire pour un business plan qualitatif.

Les prévisions financières

Cela vous permettra de vérifier la faisabilité de votre projet. Il doit répondre aux questions suivantes :

  • Quels capitaux sont nécessaires à l’activité et à son lancement ? (établir le plan de financement initial)
  • Quel doit être le montant des recettes pour que l’activité soit viable ? (établir un compte de résultats prévisionnel)
  • Quel est le montant minimal des ventes à atteindre la 1ere année et à quelle date l’activité devrait être rentable (calculer son seuil de rentabilité) ?
  • Quelles devront être les recettes de l’année pour pouvoir faire face aux charges de cette même année (établir un plan de trésorerie) ?

Le tout vous permettra d’établir un plan de financement sur 3 ans et d’évaluer la solidité et la pérennité financière de votre entreprise.

A noter que le plan de financement est une construction faite à partir d’hypothèses, la réalité sera souvent différente de ce qui a été prévu au départ.

Réfléchir au statut juridique de son entreprise

Lors du choix du statut juridique, les éléments suivants sont à prendre en compte :

  • La nature de l’activité
  • Le projet de s’associer ou non
  • Les besoins financiers
  • Le fonctionnement souhaité
  • L’organisation patrimoniale
  • Le régime fiscal le plus avantageux

Les différentes structures possibles

EI (entreprise individuelle) : statut souple, il n’y a pas de distinction entre le patrimoine privé et professionnel. Les statuts de l’entreprise ainsi qu’un compte bancaire professionnel ne sont pas obligatoires.
Le chef d’entreprise peut opter pour le régime de micro-entreprise.
Les bénéfices réalisés en EI sont imposés à l’impôt sur le revenu directement au nom du chef d’entreprise et ce dernier a le statut de travailleur non salarié.

EIRL (EI à responsabilité limitée) : Similaire à une EI mais la responsabilité du chef d’entreprise est limitée au montant des biens affectés à l’entreprise. Il est possible d’opter pour une imposition des bénéfices à l’impôt sur les sociétés (IS).

La SARL (société à responsabilité limitée) : Statut le plus répandu dans les entreprises familiales et dans les petites et moyennes entreprises. Il s’agit d’une personne morale, ce qui nécessite de rédiger des statuts. Il y a entre 2 et 100 associés.
Une SARL est  imposable à l’IS mais il est possible d’opter temporairement pour le régime des sociétés de personnes

EURL (entreprise à responsabilité limitée) : Il s’agit du même principe qu’une SARL mais la forme est unipersonnelle, c’est-à-dire qu’il n’y a qu’un seul associé.

SAS (société par actions simplifiées) : Il faut être au moins 2 pour créer une SAS mais elle peut revêtir une forme unipersonnelle, il s’agira alors d’une SASU. Aucun capital social minimum n’est prévu et tous les apports sont permis.
Il s’agit d’une personne morale, ce qui nécessite de rédiger des statuts.  Il y a une grande liberté quant à la stratégie de fonctionnement de l’entreprise.
Un SAS est imposable à l’IS et les dirigeants de SAS sont assimilés à des salariés.

SA (société par actions) : s’adresse aux projets importants car il est nécessaire de réunir au moins 7 actionnaires et 37 000 euros d’apports en capital pour pouvoir créer une SA.
Il s’agit d’une personne morale, ce qui nécessite de rédiger des statuts et des postes clés sont nécessaires (un président, un directeur général, un conseil d’administration…) et le fonctionnement est très lourd.
Une SA doit obligatoirement avoir un commissaire aux comptes, peu importe sa taille.
La SA autorise l’entrée de l’entreprise en bourse.

SNC (société en nom collectif) : Il faut être au moins 2 pour créer une SNC et les associés répondent indéfiniment et solidairement aux dettes sociales. Aucun capital social minimum n’est prévu et tous les apports sont permis.
Il s’agit généralement d’une société fermée, les cessions de parts sont très encadrées.

Plus d’infos sur le statut d’entreprise sur le coin des entrepreneurs

 

PretUp, le 19/10/18