Comment choisir une plateforme de crowdlending ? Les critères de sélection

Comment choisir sa plateforme

Depuis la publication du décret en septembre 2014, de multiples plateformes se sont lancées sur ce marché du financement participatif, et en particulier sur celui du prêt rémunéré à destination des entreprises. Le particulier est aujourd’hui face à un dilemme, comment choisir la plateforme de crowdlending dans laquelle il souhaite investir dans des entreprises ?

Quels sont les critères qui permettent de différencier les différents acteurs du marché :

  • Le statut réglementaire de la plateforme : pour exercer cette activité de crowdlending sous le contrôle de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, autorité de tutelle des Banques), la plateforme doit être agréée auprès de l’ORIAS en tant qu’Intermédiaire en Financement Participatif (IFP). Le Particulier peut vérifier l’agrément de la plateforme en recherchant la société sur ce lien : Recherche Orias

  • L’Etablissement de Paiement partenaire de la Plateforme : il est interdit à une société commerciale de collecter des fonds pour le compte de tiers. Pour recevoir des fonds en provenance des Particuliers, la plateforme doit nouer un partenariat avec un établissement de paiement. Plusieurs acteurs existent sur ce marché : Lemon Way, S-Money, MangoPay ou Ingenico. La solidité financière de ces établissements de paiement, le nom de la Banque partenaire ainsi que la localisation géographique de cette dernière (les comptes bancaires sont également domiciliés dans une banque) sont des points à analyser.

  • Analyse Risque des dossiers présentés : le nombre de dossiers présentés sur la plateforme. Un des points structurants de la plateforme est sa capacité à sélectionner rigoureusement les projets d’entreprise. Les plateformes restent le garde-fou dans la protection des Particuliers Investisseurs, les plateformes achètent pour la plupart des données financières auprès de sociétés externes : Altares, Ellisphere, CreditSafe, Score&Decisions. Certaines plateformes avec le statut IFP ont un accès au fichier FIBEN de la Banque de France, qui regroupe tous les engagements (crédits octroyés par les établissements bancaires) de l’entreprise et qui permet d’avoir la cotation bancaire. Pour la plupart des Particuliers Investisseurs, l’analyse financière est déléguée à la plateforme, qui doit apporter une valeur ajoutée dans le choix des dossiers présentés et dans la transparence des éléments mis à disposition du Particulier. Le Particulier a la possibilité de vérifier quelques éléments clés de la société qui recherche un financement à partir de sites comme com ou score3. Les éléments financiers à analyser sont par exemple l’immatriculation de la société au RCS, sa date d’immatriculation, son capital social, est ce que la société publie ses comptes, quels sont ses derniers résultats, le niveau de ses capitaux propres… Par ailleurs, la réglementation oblige la plateforme à communiquer au bout de six mois d’activités sur ses statistiques de défaillance (nombre d’impayés sur les prêts octroyés, nombre de dossiers passés en perte..) : le Particulier pourra ainsi comparer en toute objectivité les performances « Risque » de chaque plateforme de crowdlending.

  • Plateforme technologique : monter une plateforme de crowdlending où toutes les fonctionnalités sont en ligne (inscription, offre de prêt, signature électronique, suivi des investissements…) nécessite une expertise informatique et un investissement important. Il existe aujourd’hui des acteurs revendant des plateformes clés en main en marque blanche (Particeep, Mipise), en contrepartie d’un loyer pour l’utilisation. Quant aux plateformes, qui ont construit leur module entièrement en interne, ces dernières ont la possibilité de développer de nouvelles fonctionnalités utiles aux Particuliers.

  • Prix : pour exercer son activité, la plateforme de crowdlending doit encaisser des revenus, la plupart prélèvent d’une part une commission de succès payée par l’entreprise (qui emprunte) en cas de levée de fonds et d’autre part des frais de gestion pour couvrir les coûts monétiques demandés par l’établissement de paiement. Les plateformes en général ne facturent rien aux Particuliers, en partant du constat que le risque de cet investissement étant déjà assez important et de la fiscalité forte sur ce produit. En effet, pour un Particulier, cet investissement dans une TPE/PME est considéré comme un placement de revenu mobilier, soumis au prélèvement forfaitaire libératoire (24%) et aux prélèvements sociaux (15.5%), soit 39.5% des intérêts encaissés par le Particulier sont reversés à l’Etat. Pour un prêt attaché à un taux d’intérêt de 6% (brut), le Particulier touchera au final un intérêt net de 3.63% par an, une rémunération au final plus élevée qu’une assurance vie à fonds euros (autour de 3% pour les meilleurs fonds en 2014) ou qu’un livret A (1% ). Cette rémunération reste attractive si le taux de défaillance de la plateforme est contenu, c’est-à-dire que le taux de défaut (dossier passé en perte -> le Particulier ne récupère une partie du capital prêté) reste limité. Un taux de défaillance de 1 à 2% est annoncé par les différents acteurs sur la cible TPE/PME ; bien sûr il est bon de rappeler qu’une diversification des prêts dans différents secteurs d’activité et dans différentes régions reste indispensable pour limiter son exposition au risque de défaut des emprunteurs.

  • Recouvrement : après la mise en place du prêt entre les Particuliers et l’entreprise, la plateforme va gérer le prélèvement des échéances par l’intermédiaire de son établissement de paiement. Comme toute activité financière, certaines échéances sont en impayé pour différentes raisons : impayé technique suite à un problème lors du prélèvement, impayé pour provision insuffisante. Lors de la survenance de cet impayé, la plateforme dispositif du code motif SEPA, permettant de lancer toutes les actions adéquates. La plateforme a précisé dans le contrat de prêt qu’elle n’était pas responsable des impayés qui surviendraient, néanmoins elle doit aider tous les Particuliers qui sont liés à cette entreprise à engager toutes les actions amiables / judiciaires à l’encontre de cette entreprise pour récupérer les sommes engagées. Pour ce faire, la plupart des plateformes ont signé des partenariats avec des sociétés de recouvrement pour déléguer ces actions à ces tiers, en contrepartie d’une commission prise sur les sommes récupérées. Il est opportun de rappeler qu’en cas de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, la probabilité de récupérer les sommes prêtées diminue fortement : les Particuliers qui ont prêté sont des créanciers chirographaires sans aucune sûreté particulière, contrairement aux créanciers privilégiés comme les salariés de l’entreprise, le fisc ou les établissements de crédit.

  • Solidité financière de la plateforme : une des craintes du Particulier réside dans la pérennité de la plateforme par l’intermédiaire de qui il prête. En effet, la plateforme a signé en général une convention de gestion extinctive avec l’établissement de paiement partenaire, c’est-à-dire qu’en cas de liquidation judiciaire de la plateforme c’est l’établissement de paiement qui gère le run-off des prêts en cours. Pour arriver à cette situation dramatique, le Particulier peut choisir sa plateforme en vérifiant sa solidité financière : le montant du capital social, les actionnaires de la société. En effet, pour exercer cette activité, la plateforme a besoin comme toute entreprise d’un fonds de roulement conséquent pour investir dans les développements informatiques de la plateforme, payer les salariés, régler les campagnes marketing (sans publicité la plateforme ne sera pas en mesure de constituer une base suffisante de Prêteurs, ce qui entrainera des projets non financés). Un actionnariat de personnes physiques sera au final plus risqué qu’un actionnaire composé de personnes morales, le jour où une recapitalisation via les comptes courants sera nécessaire pour accentuer le développement de la plateforme.

 

En synthèse, le Particulier a aujourd’hui à sa disposition différents moyens pour choisir une plateforme de crowdlending la plus pertinente selon ces critères :

  1. Le statut réglementaire de la plateforme
  2. Le partenaire sur les flux monétiques
  3. La sélection des entreprises
  4. Le service client sur le recouvrement
  5. Les tarifs pratiqués
  6. L’actionnariat de la plateforme
  7. La plateforme technologique et les fonctionnalités proposées

 

PretUp – 14 avril 2015

Développement accéléré du crowdfunding en 2014

Les montants récoltés via des plates-formes de crowdfunding ont atteint en 2014 les 16,2 milliards de dollars, soit une impressionnante progression de 167% en une année.

Le crowdfunding est devenu aujourd’hui une tendance incontournable en matière d’investissement dans les start-up ou dans les sociétés en développement et prend de plus en plus de poids, en France comme dans le monde, à l’image de PretUp sur le crowdlending

Selon le cabinet américain Massolution, 16,2 milliards de dollars ont été levés en 2014 via ce mode de financement en ligne, soit une importante progression de 167% en un an. En comparaison, ce montant s’élevait à 6 milliards de dollars en 2013, et 2,7 milliards en 2012.

Et la source du crowdfunding ne semble pas prête de se tarir : les sommes récoltées cette année pourraient atteindre 34,4 milliards de dollars.

Le cabinet Massolution note toutefois que les montants levés par des TPE et PME sur les plates-formes de financement participatifs sont surtout des prêts, plus que des entrées au capital ou des « dons ».

Ainsi, 68% des fonds collectés en 2014 l’ont été via des plateformes dédiés aux prêts (11,08 milliards de dollars, +223% sur une année).

Sans réelle surprise, c’est aux Etats-Unis que le crowdfunding enregistre le plus de succès, avec des sommes levées s’élevant dans ce pays à 9,46 milliards de dollars l’année dernière.

Toutefois, l’Asie est devenue une région particulièrement dynamique en la matière, avec une progression de 320% des montants récoltés, à 3,4 milliards de dollars, pour 3,26 milliards de dollars en Europe.

2 avril 2015

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